Comédienne cultivée et distinguée, Meryl Streep affectionne les rôles de femmes fragiles mais battantes, malmenées par les hommes ou par l'existence, rôles qu'elle évite d'interpréter de manière trop tonitruante, à la manière de l'Actors Studio mais qu'elle compose délicatement, soignant la diversité d'expressions et la simplicité du geste ou des mimiques, généralement déterminantes pour le film auquel elles confèrent un aspect plus naturel que les grandes démonstrations de tragédien(ne) ou la manifestation appuyé d'un jeu axé sur l'emphase dramatique, très à la mode aux États-Unis. C'est La Maîtresse du lieutenant français de Karel Reisz et le Le Choix de Sophie d'Alan J. Pakula qui en font la comédienne la plus appréciée du moment. Le second lui vaut d'ailleurs un autre Oscar d'interprétation en 1983 mais du Meilleur Premier Rôle celui-là. Éclectique et appliquée, elle prouve vite qu'elle peut aussi jouer des femmes simples, issues de la middle class américaine tantôt prises dans leur quotidien sans histoire, tantôt emmenées dans une intrigue particulière comme dans le Le Mystère Silkwood de Mike Nichols. Très populaire et en même temps très aimée de l'intelligentsia, elle est, dans les années 1980, l'égérie du cinéma commercial et du cinéma d'auteur, participant aussi bien à des films à gros budget qu'à des productions indépendantes, aux audiences plus confidentielles. Les plus grandes stars hollywoodiennes telles que Jack Nicholson, Robert De Niro ou Robert Redford se l'arrachent pour lui donner la réplique.
Ses deux rôles les plus connus: ceux dans Out of Africa de Sydney Pollack (1985) et dans Sur la route de Madison (1994) de et avec Clint Eastwood, témoignent de la grande retenue mais surtout de l'intensité émotionnelle de son jeu. Elle passe d'ailleurs d'un amour contrarié pour le premier à un amour impossible dans le second.
Sa carrière semble marquer un léger coup d'arrêt dans les années 1990 même si son répertoire de rôles dramatiques, qui la prédestine à obtenir de nouveaux Oscars, lui permet de maintenir le contact avec le grand-public (Simples Secrets, Contre-jour , La Musique de mon coeur, The Hours). C'est par ailleurs durant cette période qu'elle décide de changer de registre: Robert Zemeckis entreprend son baptême comique avec le loufoque La Mort vous va si bien et Curtis Hanson celui dans le thriller avec La Rivière sauvage. À l'aise dans la comédie, on la remarque récemment dans Petites Confidences (à ma psy) de Ben Younger et Adaptation de Spike Jonze.
Son grand retour au cinéma en 2006 est marqué par deux films: The Last Show, le dernier Robert Altman où elle incarne une chanteuse de musique country et Le Diable s'habille en prada de David Frankel, (adapté du best-seller de Lauren Weisberger) où elle interprète la cruelle et tyrannique Miranda Priestly, rédactrice en chef du magazine de mode, Runway. En 2007, l'actrice ou plutôt l'"acteur le plus nommé de l'histoire des Oscars " (car aucun homme non plus n'a réussi à battre ou égaler son record) fête sa quatorzième nomination à la statuette dorée distinguant sa prestation dans Le Diable s'habille en prada et valorisant ainsi ce qui l'est trop rarement dans ce genre de mainfestations: un rôle comique. Elle apparaît tout récemment dans Lions et agneaux où elle retrouve son comparse Robert Redford, interprète et réalisateur du film, puis enchaîne en 2008 sur le thriller Détention secrète avec Jake Gyllenhaal et Reese Witherspoon, dans lequel elle tient le rôle de la machiavélique Corrine Whitman. La même année, Streep confirme à nouveau ses talents de chanteuse en se plaçant en haut de l'affiche de la comédie musicale Mamma Mia ! qui reprend avec joie, humour et romantisme les grands tubes du groupe ABBA. Elle y côtoie notamment les célèbres Pierce Brosnan , Colin Firth, Julie Walters et la jeune Amanda Seyfried. Le film est un réel succès au niveau planétaire même si les critiques ne suivent pas.
Meryl Streep est mariée depuis le 30 septembre 1978 au sculpteur Don Gummer et est la mère de quatre enfants : Henry, Mary Willa, Grace et Louisa.